Jeudi 6 mars 2025 · 18h00


Édito

 

 

Les deux films de cette programmation ont été réalisés en milieu de soin. Ils sont issus de deux processus de création partagée entre un duo de réalisateur·ices et des « patient·es » et « soignant·es ». La colline désenchantée est réalisé dans la clinique Saint-Barnabé, à Marseille, spécialisée en addictologie. Emmène-moi a vu le jour dans le service psychiatrique d’hospitalisation libre du Centre Hospitalier de Fréjus Saint-Raphaël. Chacun à sa manière, ces deux films flirtent librement avec la fiction et le documentaire, entre la vérité et la croyance.


La Colline désenchantée

de Jean Boiron-Lajous, Daniela Lanzuisi | 2024 | France | 25 min

Suite à une panne de bus, un groupe de voyageurs se retrouve isolé sur une colline inconnue. Chacun.e cherche sa propre issue. Une communauté se dessine. Quels liens cet accident crée-t-il entre eux et elles?

Réalisé par Jean Boiron-Lajous et Daniela Lanzuisi à la clinique Saint-Barnabé, à Marseille.


Emmène-moi

de Séverine Mathieu, Charlotte Bosson | 2025 | France | 45 min

Partagées entre le besoin de sécurité et le désir de sortir, entre le besoin de repos et l’envie d’intensité, les personnes que nous avons rencontrées à l’hôpital nous emmènent au dehors, de lieux en lieux, là où elles se sentent chez elles. Un film réalisé par Séverine Mathieu et Charlotte Bosson avec Axel, Dalila, Caroline, Lina,  et « le skateur » au Centre Hospitalier Fréjus Saint-Raphaël. Equipe soignante : Fabien Filipetto et  Emma Pérutin.


Jean Boiron-Lajous

Jean étudie le cinéma à l’Université de Lille 3 et à l’Université Aix-Marseille. En 2012, il réalise La Mémoire et la Mer, documentaire produit par l’Université Aix-Marseille avec la participation de l’INA et en 2015, Terra di Nessuno, un long métrage documentaire produit par la Prima Luce et sélectionné au FIDMarseille. En 2018, il poursuit sa collaboration auprès de Prima Luce avec le film court, Plus t’appuies moins j’ai mal et réalise encore un long métrage pour le cinéma, Paroles de Bandits, en 2019. Depuis 2018, il enseigne le cinéma et participe à différents ateliers de cinéma notamment en psychiatrie. Son dernier court métrage, Il faut se tromper reçoit le Prix du public lors de la 40ème édition du Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence, en novembre 2022. Deux nouveaux long métrages sont en cours de post-production.

Daniela Lanzuisi

Italienne, installée en France depuis 20 ans, Daniela Lanzuisi entre dans le monde du documentaire par la production à Paris avant de se former à la réalisation aux Ateliers Varan et à l’Atelier Documentaire de la Fémis. Elle réside désormais à Marseille où elle a réalisé Juste un jeu  (Prix du jury aux Rencontres du moyen-métrage de Brive) puis Au cœur de l’annonce (France TV) et plus récemment La musique sourde (France TV). Elle est actuellement en écriture d’un quatrième film. En parallèle de ce travail personnel, elle anime des ateliers vidéos auprès de publics éloignés de la création. Véritable champ d’expérimentation cinématographique et politique, ces laboratoires cinématographiques lui permettent d’affiner une pratique de l’écriture et de la réalisation collective, libre de toute contrainte.

Séverine Mathieu

Séverine est réalisatrice de films et vit à Marseille. Après avoir travaillé pour la télévision, elle passe à la réalisation de films plus personnels, sur des thématiques sociales, conjuguant librement la mise en scène du réel et la fiction. Elle signe plusieurs longs métrages, dont Filles de nos mères  (Prix des bibliothèques au festival Cinéma du Réel), L’écume des mères et Seconde ville (Marseille-Capitale de la culture 2013). En 2004, elle crée l’association dis-FORMES (http://dis-formes.eu/) pour co-produire ses propres films et pour soutenir ce qui va s’affirmer comme un travail de cinéma en milieu de soin, impliquant une quinzaine d’artistes et cinq hôpitaux psychiatriques. En parallèle, elle collabore à l’écriture sur les projets portés par d’autres réalisateurs. En 2021 elle termine la réalisation de Habités, un documentaire qui poursuit sa rencontre avec la folie. (sortie en salle et aux Etats Généraux du film documentaire de Lussas). Depuis 2011 elle enseigne la pratique du cinéma à Aix Marseille Université. En 2025, elle soutient sa thèse recherche-création sur le processus de création de Habités.

Charlotte Bosson

Charlotte découvre la pratique du cinéma en licence d’information-communication. En 2021, elle co-réalise des entretiens documentaires avec des parents d’enfants placés dans des structures d’accueil, qui font naître chez elle l’envie de donner la parole et de travailler avec des personnes que la société tend à invisibiliser. En 2022, elle réalise son film de fin d’études du Master Ecritures Documentaires (Aix Marseille Université) Maintenant je te vois, dans lequel elle remet en scène ses souvenirs d’enfant face à la bipolarité dont souffre sa mère, avec la volonté de lever le tabou sur la maladie mentale. Pendant ces deux années de formation, Charlotte développe également ses compétences techniques (image, son, montage) et se découvre une sensibilité particulière pour la pratique de l’image. Aujourd’hui, elle anime essentiellement des ateliers d’éducation à l’image auprès de lycéens, collégiens et en milieu de soin, portée par cette envie de partager son expérience en cinéma, qu’elle perçoit comme un espace libérateur.

dis-FORMES

dis-FORMES est une maison de production créée par des réalisateur·ices, à Marseille, en 2004. Essentiellement centrée sur la phase de développement, elle initie des projets puis s’associe à des sociétés de production. Elle soutient également des démarches de création partagée, notamment en milieu de soin.  Cette collaboration entre amateur·ices et professionnel.les féconde, nourrit, trouble les savoir-faire. Les films qui en résultent ne cherchent pas à faire des participant·es des simulacres d’auteurs ou de comédiens, mais tentent de dessiner avec eux et elles un espace commun dans lequel circule et rebondit l’inspiration. En rendant visibles ces films, l’association espère tendre au public un miroir lui renvoyant les questions de santé mentale qui traversent sa société.

Informations pratiques

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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.

Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste).

Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun.e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu. L’adhésion à l’association est nécessaire pour assister aux projections, elle est accessible à partir de 8€ et valable sur une année civile.

Planifié Les séances de cinéma
Videodrome 2 | 49, cours Julien | 13006 Marseille Carte