Mercredi 5 mars 2025 · 18h30
Édito
Le programme de cette soirée est le fruit du travail commun mené au Studio image et mouvement de la SAS des Baumettes, entre les stagiaires de la formation audiovisuelle dispensée par Lieux Fictifs et un groupe d’étudiant·e·s des Beaux-Arts de Marseille, elles et eux-mêmes engagé·e·s dans des questions d’images et de film, à partir des œuvres du Centre national des arts plastiques.
Ce programme interroge l’empreinte des images, des gestes et espaces et leurs potentialités d’évasion, de transgression du tangible, de fabrique d’images et d’imaginaires autres. Cela témoigne de la façon dont l’art puise dans les expériences individuelles et s’adresse à tous et toutes.
Il s’est élaboré au fil de 8 séances de projections et de discussions menées au sein du Studio Image et mouvement des Baumettes, à partir d’un choix proposé par les étudiant·es des Beaux-arts, cette année 24 œuvres issues de la très riche collection Vidéo et image animée du Centre national des arts plastiques.
À travers les six propositions, ce programme explore le pouvoir des gestes, l’empreinte des contextes et des lieux, comme ceux -entre gravité et humour- de préadolescent·es mimant leur mort dans A trois tu meurs, ou bien ceux de l’artiste Ivan Argote interpellant les passager du métro ou bien encore ceux du travail par les travailleurs eux-mêmes à Kinshasa. Composé de six films aux résonances variées, tantôt explicites, tantôt mystérieuses, il interroge les lieux, les gestes et les images.
Soirée présentée par les stagiaires et les étudiant·e·s : Alexandre, Baptiste, Blanca, Boy, Eli, Jade, Kaïs, Salomé, Sid, Stéphane, Stéphane R. et Warren.
Projet initié et accompagné par Nicolas Feodoroff des Beaux-Arts de Marseille et Pierre Poncelet de Lieux Fictifs, qui remercient pour leur soutien et leur engagement Pascale Cassagnau du Cnap et Caroline Caccavale de Lieux Fictifs.
À trois tu meurs
d’Ana Maria Gomes | 2015 | France | 9 min
« Comment tu meurs ? Imagine tes derniers instants. Et à trois, tu meurs ». Telle est la consigne donnée par la réalisatrice Ana Maria Gomes à des adolescent·es, qui les filme selon un dispositif aussi simple qu’efficace : face caméra en plan fixe, dos à un mur blanc, seul·e ou en groupe, ils et elles imaginent leur mort et en donnent (parfois) la raison. Leur jeu fait apparaître des images qu’ils ont en tête, celles qu’ils ont vues dans les médias, les jeux vidéos, ou celles qui découlent de récits, entendus de manière directe ou interceptés à la volée. S’imaginant tué.es lors d’un attentat, d’un arrêt cardiaque ou étranglé.e, leurs mises en scène révèlent de quelle manière le monde des adultes affecte leur imaginaire.
Manque de preuve
d’Hayoun Kwon | 2011 | France | 10 min
Deux jumeaux victimes d’un rituel au Nigéria, leur fuite, et le manque de preuves. Comment croire ? Comment restituer ? Ce seront un plan et une lettre, retranscrits en image de synthèse, une voix-off mettant à distance.
Hayoun Kwon part d’un témoignage pour produire une reconstitution de la mémoire qui interroge la perception de la véracité du récit produit à des fins juridiques et administratives. Avant de s’ancrer dans le réel, on se trouve entraîné comme dans un conte fictionnel, jouant des plis du réel, qui prend fin quand la raison de l’écriture du texte nous est dévoilée.
Time after Time
d’Anri Sala | 2003 | France, États-Unis | 5 min
Un cheval émacié, fantomatique, figé sur la bande d’arrêt d’urgence d’une route périurbaine. Les éclats de lumière qui entourent la silhouette de l’animal sont la seule indication que le temps n’a pas été stoppé. Une forte tension se créée vis-à-vis de ce tableau vivant et vibrant, brisé par les passages de bruyants véhicules. Tourné dans la périphérie de Tirana, la ville natale d’Anri Sala, Time After Time semble habité par un état contradictoire, à la fois figé et pris dans la violence et l’agitation.
Txerri
de Bertrand Dezoteux | 2011 | France | 11 min
Un couple de cochons bien roses en images de synthèse débarque à Irissarry, un village basque traditionnel, semant le trouble parmi les habitants. Selon un dispositif aussi ingénieux, littéral que cocasse, voilà les villageois confrontés aux cochons virtuels, créant des situations déstabilisantes. Sous un humour porcin gras et provocateur, Bertrand Dezoteux met en scène un choc entre tradition et modernité, réalité et virtualité, questionnant les traditions basques comme l’impact du tourisme.
I Just Want to Give you Money
d’Ivan Argote | 2007 | France | 1 min
Alors qu’il était encore étudiant en art, Iván Argote a filmé une de ses performances en caméra cachée. En un plan séquence, il nous embarque dans le métro parisien où qu’il retourne une situation tristement habituelle : il se met en scène non pas pour demander de l’argent mais donner 10 centimes aux usagers de métro. 1 minute 40, où il n’essuie que des refus. Depuis son point de vue, nous subissons les regards gênés, jusqu’à l’arrivée à la station Saint Sulpice, dénommée d’après ce saint réputé pour être « le pieux » ou « le bon » d’après ses actions éducatives en faveur des enfants de familles pauvres. Avec un humour grinçant, en un geste simple, le film interroge notre rapport à l’autre dans l’espace public.
Article 15
de Marie Reinert | 2021 | France | 40 min
À Kinshasa, Marie Reinert, en résidence artistique, collabore avec Système K, collectif d’artistes de la ville pour explorer la ville à travers le dit « Article 15 » de la constitution, article imaginaire (la constitution en contient 14) qui évoque la débrouille, le système D et l’économie informelle. Cet article devient le fil conducteur d’une immersion dans le quotidien des travailleur·euse·s : maçons, vendeurs, livreurs, menuisiers, employés de cybercafés, etc. La caméra (un téléphone bricolé) passe de main en main en même temps que les billets, se concentre sur les corps des travailleur·euse·s en mouvement, capturés dans une dynamique saccadée. À travers ce processus collaboratif, le film révèle Kinshasa comme un organisme vivant, où chaque action participe à l’équilibre de cette métropole bouillonnante.
Textes : Alexandre, Baptiste, Blanca, Eli, Jade et Salomé.
Lieux Fictifs et les actions développées au Studio Image et mouvement sont soutenus par la Direction des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation des Bouches-du-Rhône, la Direction Régionale des Affaires culturelles Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance, le Conseil régional Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Conseil départemental des Bouches-du- Rhône, la Ville de Marseille, la Fondation de France et le CNC.
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Informations pratiques
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La billetterie ouvre 30 minutes avant le début de chaque séance.
Nous pratiquons le prix libre (chaque personne paie ce qu’elle veut/peut/estime juste).
Nous croyons au prix libre comme possibilité pour chacun·e de vivre les expériences qui l’intéressent et de valoriser le travail accompli comme il lui paraît bienvenu.